Des mots qui tuent

Des mots qui tuent - Gustave Dupras

Être parent, voilà une responsabilité qui est loin d'être tout repos. Quel père ou mère ne souhaite pas n'offrir qu'amour et tendresse à ses enfants ! Mais tout n'est pas toujours aussi simple. J'ai 42 ans. Je suis père d'une Audrey âgée de 12 ans et d'un petit Cédric âgé de 6 ans. J'ai toujours essayé de donner le meilleur de moi à mes enfants. Mais parfois, les choses semblent aller à l'envers de ce qu'on espérait.

Ayant moi-même vécut auprès de parents autoritaires, je me suis promis de faire tout le contraire dans l'éducation de mes enfants. Mais je peux vous dire que souhaiter est une chose, agir en est une autre. À de nombreuses fois, je me surprends à agir exactement comme mes parents durant mon enfance. Je le fais involontairement et inconsciemment. C'est seulement après que je me rends compte de l'erreur. Mais là, c'est trop tard. Peur de ne pas avoir assez d'autorité sur mes enfants, je n'ose pas leur avouer mes faiblesses.

Dévalorisation, abus de langage et de pouvoir, injustices, etc. J'ai lu quelque part que ce sont les blessures qu'on a vécues durant notre enfance qui ressurgissent une fois qu'on devient parent à notre tour. Je m'en rends bien compte, car ce n'est pas une seule fois que je me surprends à dire à mes enfants " t'as un cerveau, pourquoi tu ne l'utilises pas " ou encore " tiens, le fils de... est plus sage que toi ". De simples mots, diront certainement certaines personnes, mais se présentant comme de véritables lames à double tranchant. On pense faire les choses bien, mais en réalité, ce sont des mots qui tuent.

Un jour, on a décidé de faire un grand rangement à la maison. Tout le monde a décidé d'y participer et je me souviens encore de l'enthousiasme de mes enfants. Mais je pense que j'ai tout gâché lorsque j'ai grondé mon fils pour avoir versé de l'eau sur le sol et les murs. C'était vraiment la honte de ma vie. Et moi qui étais dans tous mes états alors que le problème ne venait pas du tout de lui, mais d'un souci plus profond. C'est ma femme qui s'en est rendu compte la première. Il ne s'agit pas d'un déversement d'eau, mais d'humidité à l'intérieur. Après avoir fait appel à un spécialiste, le problème venait en fait du drain. On a dû réaliser un drainage plus tard.

Tout cela pour vous dire que les mots assassins, beaucoup de parents en font encore aujourd'hui que ce soit pour une chose juste ou comme ce qui m'est arrivé pour une injustice. On a tendance à s'idéaliser à travers nos enfants