L'histoire d'Orion

L'histoire d'Orion - Gustave Dupras

Je n’avais pas réellement compris ce que m’avait dit Linda, ou plutôt, je l’avais mal interprété. Lorsqu’elle m’avait demandé de l’accompagner à l’aéroport, elle m’avait précisé, oralement, l’heure de départ. C’était celui de son avion qu’elle m’avait donné. Je suis donc arrivé avec trois heures d’avance à son domicile. Elle était très contente que je me sois levé aussi tôt, car elle voulait me montrer certaines tâches à faire pendant son absence. Je lui avais proposé de s’occuper de son chat, que je prenais chez moi, et de venir régulièrement chez elle, pour arroser ses plantes d’intérieur. Elle partait pendant trois mois. Je n’avais pas eu d’animal de compagnie depuis que j’étais parti du domicile familial. Lorsque je vivais encore sous le toit de mes parents, nous avions deux chats et un chien. Habitant en ville, et dans un appartement pas très grand, je n’avais pas eu envie d’avoir un animal.

Mais, depuis que j’avais acquis cette modeste demeure avec une belle cour arrière, je commençais à me demander si je ne prendrais pas un chat, finalement. La proposition que j’avais faite à mon amie allait dans ce sens. C’était un test pour que je voie, au cours des trois prochains mois, si je pouvais m’occuper d’un chat. J’aime beaucoup les chiens, mais je préférais avoir, en premier, un membre de la gent féline. Celui que je gardais, je le connaissais bien, car lors des déplacements de mon amie, je venais le nourrir. D’un caractère très sociable, il est taché de blanc et de noir. Orion est gentil et il est patient. Jamais je ne l’ai entendu miauler pour réclamer à manger, ou pour sortir. Il est paisible et son occupation principale est de dormir sur le divan.

Quand il est venu dans ma maison, il n’a, tout d’abord, pas voulu sortir de sa cage. Puis son museau, ses oreilles, ses pattes, sont sortis en premier. Au bout d’une heure, il inspectait méthodiquement chaque recoin de la cuisine, du salon et des chambres. Dès la première journée, dans le courant de l’après-midi, je l’ai laissé seul. Je suis allé voir un fabricant de salle de bain Saint Hubert. À mon retour, Orion s’était installé sur le sofa, où il s’était roulé en boule. Ses longs poils étaient étalés autour de lui. Il semblait avoir accepté son nouveau domicile, que je croyais provisoire. Par un concours de circonstances, il se trouve que je l’ai gardé définitivement.